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willemont.fr

12 janvier 1967

Re.

Liane vient d’abdiquer. Les larmes versées un certain automne 2013 n’ont pas protégé son œil de la brûlure vulgaire de l'arme incandescente de la rumeur. Point d’Éden, point de Lumière : seulement les ténèbres d’une " civitas" incivile et vile.
De cause à effet, une chute — un plateau de fruits de mer en main — et son bassin s’émiette comme un vase antique. Son univers se réduit alors aux murs d’un appartement, que ses proches visitent, que d’autres investissent par le téléphone.
Le 27 novembre, un flot pourpre envahit son cerveau. Durant deux jours, elle converse avec Jacques et ses deux fils dans le langage digital des "1" et des "0", des mouvements de son œil préservé.
Spectacle d’une grandeur funèbre, admirable et fantastique, où la mort elle-même semble se vêtir de majesté.

Elle est en terre sur un tertre romain. Un arbre la protège de l'ardeur solaire. Le paysage qui l'entoure conduit le regard jusqu'à l'horizon.

"- Ma vie, ma vraie vie, commence le 12 janvier 1967.

Trois mois plus tôt, contre toute attente, le jeune provincial un peu timide que je suis, a été admis à l’IDHEC, future FEMIS. Chez William Hill à Londres, on m’aurait coté à 100 contre 1. Mais j’ai su faire rire le jury avec une histoire de cigarettes.

Ce jour-là, ayant brisé par l'humour de plafond de  verre social, ma vie professionnelle prenait son envol.

Le temps de décider ce que je voulais être - un directeur de la lumière assez doué pour que toutes les actrices rêvent d’être éclairées par moi - j’ai rencontré Liane Estiez. Une silhouette, de l'allure, une carafe d’eau, deux billets de cinéma gratuits,....

Soixante ans plus tard, nous allons toujours au cinéma ensemble et avons vu plus de 10.000 films."

On nous l’a dit cent fois, l’air niais, c’est pas joli,
Qu’on avait l’air d’andouilles, de benêts, de petits,
Mais faut pas croire, m'dames, qu’on s’en trouve marris.
C’est un luxe aujourd’hui d’avoir l’air ahuri.
Brassens l'aurait chanté ainsi
(avec la contribution de Informatique Appliquée).

Jacques perdure. Il remercie même – vous l’avez peut-être déjà lu - tous ceux qui, par leur difformité morale et leur disgrâce spirituelle, ont contribué au développement de ses capacités de résistance et de survie. Il est à la mode d'employer le mot résilience.

Les coupe-jarrets, les calomnieux, les diffamatoires, les dénonciateurs, les procureurs, les accusateurs – certains publics - furent légions. Le masculin l’emporte : c'est un signe. Il se crut projeté à Moscou en 1936, à Paris en 1949 – l’affaire Kravchenko -, à Prague en 1952, en Chine à partir de 1966, … Aujourd’hui, il a l’embarras du choix.

Depuis quelques mois, Jacques s’accordait une pause pour consacrer plus de temps à Liane. Parmi ses réussites : le velouté de basilic, la confiture de pêches blanches à la menthe, les crevettes à l’aïl.

Lorsque l’appétit de Liane a flanché, il a su qu’elle lâchait prise. Et le soir où elle rechigna à revoir une fois encore Les enfants du Paradis avec leurs petits-enfants, Jacques sût que leur aventure cinématographique de plus de 10.000 films prenait fin.

Dans les jours suivants, évoquant le voyage de 60 ans qu’ils avaient entrepris et dont ce site témoigne, Liane lui assigna de :

”- ...faire de Wonder, leur premier film, un modèle de diffusion culturelle. Comme leur Encyclopédie des peuples il y a 50 ans. Soit toi-même, Jacques. Ambitieux, un peu mégalo. Je crois à tes sous-titres de Wonder en 40 langues. C’est le nombre symbolique du renouveau. Le cycle de la vie. Naître, grandir, mourir, revenir peut-être, plus grand encore. Montre ce dont nous étions capables, dont tu es encore capable, puisque personne ne l’a fait, ne le fait”.


Comment nous sommes-nous rencontrés ?

Un film de la collection Histoires populaires de cinéma le raconte.

Il raconte les 4 premières heures de notre vie commune.

Réalisé en 2022 par Elisabeth Germa

Copyright POM-TV

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Image d’Histoires populaires de cinéma, série réalisée par Elisabeth Germa. Cet épisode raconte les quatre premières heures, le 12 janvier 1967, de la vie commune d’une soixantaine d’années de Liane Estiez et Jacques Willemont.

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Dans quelles conditions avons-nous vécu ?

La menace, un film tourné à Chaton en 1979 montre notre lieu de vie.

Nous venions d’y emménager. C’était encore précaire. Quand nous l’avons quittée en 2020, cette maison était devenue… un lieu pour lequel je ne trouve pas le mot qui lui convient. Il risquerait d’être cucul ou trop grandiloquent. Disons simplement : notre Grande maison. Elle avait, pour l’espace, quelque chose de celle où - c’est Jacques qui parle - j’ai grandi avec mes parents, mes grands-parents, et Blanche, l’arrière-grand-mère. La femme à Napoléon. Oui, c’était le prénom de mon arrière-grand-père. Celui qui a osé braver des Uhlan, des cavaliers allemands du tout début de la guerre 14-18.

Ce n’est qu’un film d’anniversaire.
Pour les 4 ans d’Alexandre.
Tourné en 16mm, en couleurs.
Mais le télé-cinéma amateur n’a pas réussi à les récupérer.

La durée totale du film est de 18 minutes.

Celle de l'extrait, de 3mn 31.

Réalisé en 1979 par Jacques Willemont

Avec :

Béatrice Roca

Marc-Michel Georges ()

(nous nous sommes très peu connus,

et je regrette l'éloignement après le tournage. D'autant plus que j'en suis responsable).


Voix

Marc Chapiteau


Ont également travaillé sur ce film :

Lothaire Burg

Pierrette Ominetti/Burg/Chevalier (perdue de vue)

Marie-Christine Ratel (perdue de vue)

Sonja Terangle (perdue de vue)

Dans quelles conditions avons-nous travaillé ?

Des images de 1974 répondent à la question.

Un documentaire destiné à la télévision rend assez bien compte de notre manière de vivre.

Nous "produisions" sans un rond Le coeur Gros. un court métrage fantastique de Jean Claude Forest, le créateur de Barbarella.

Nous tournions dans un ancien atelier d'ébéniste, 66, Fontaine-au-Roi, que nous avons récupéré pour loger le chat et nous à l'occasion. Nous en avons ensuite fait un studio de projection, de prises de vues et de sons.

Nous produisions ce film sans un rond. Comme toujours.  Et sans aucun doute, c’est notre plus beau souvenir de travail.

Jean-Claude, ton sourire, ta voix… tu nous manques.

Des années plus tard, certains convives demandaient de tes nouvelles, convaincus que tu étais immortel. Ils ont apprécié qu’ici, chez nous, tu le sois devenu.

Sont présents sur ce tournage :

- Jean-Pierre Bonneau (assistant image)

- Janine Bownaghari (décoratrice, maquilleuse, et une fille merveilleuse).

- Chris Deshumeurs (comédienne)

- Jean-Claude Forest (auteur-réalisateur)

- Philippe Henry (électricien)

- Liane Willemont (ingénieur du son)

- Jacques Willemont (directeur de la lumière)


- et un garçon dont le nom est oublié : il était venu nous demander que nous lui prêtions notre caméra Eclair Coutant pour un tournage en Indes. Il se recommandait de monsieur Bownaghari, responsable au département de l'audiovisuel à l'Unesco, par ailleurs père de Janine, notre décoratrice. Elle et nous, nous connaissions depuis l'IDHEC.

Pour nous prouver qu'il avait de l'expérience et que notre caméra serait bien traitée, il avait déposé un film qu'il avait réalisé. Comme il datait de mai 68, nous a-t-il prévenu, il n'y avait pas de générique. La veille de sa visite, j'ouvre la boîte ...

Lorsqu'il arrive, faux cul (je parle de moi Jacques qui raconte l'histoire), je lui demande :

"- Bon travail. Qui est l'ingénieur du son ?

Il me répond-il sans sourciller.

- Machin [un ingénieur du son actif à cette époque dont le nom nous échappe]

Je me tourne vers Liane ...

- Tu me racontais des crasses en disant que c'était toi.

Elle ne dit mot. Je poursuis ...

- Qui tient le micro ?

- Un ami.

- C'est fou. Regarde. Fais abstraction de ma barbe. Regarde comme il me ressemble. J'ai l'impression [je prononce son prénom que j'ai oublié depuis] que nous étions deux à réaliser ce film, et nous nous sommes pas croisés sur le tournage. Mystère.

Il se lève, prend la main de la jeune fille qui l'accompagnait et sort à reculons.

"- Partons d'ici. Ce sont des fous !",

Oui, dans la boite de pellicule, il y avait le film Wonder ou La reprise du travail aux usines Wonder si vous préférez.

Ce n'est pas la seule fois où je surprendrai un réalisateur la main dans le sac, s'appropriant le film d'un autre.

Le directeur du département "Court-métrage" du CNC de l'époque lui-même,  venu sur le tournage du Coeur Gros, juste après cette tragi-comédie s'étonna :

"- Ah ! C'est vous Jacques le réalisateur ? Je ne le savais pas. Wonder .. je crois, est déposé sous un autre nom au CNC. Et j'ai déjà (rire) rencontré plusieurs réalisateurs de Wonder".

Il a dû se renseigner parce que, dans les semaines suivantes, il m'a serré la main chaleureusement.

Il avait enfin rencontré le bon.

Tournage gare de la Bastille avant sa restauration. Il fait 3°C. Bravo Chris.

Tournage gare de la Bastille. Janine Bownaghari avec Jean-Claude Forest.

Tournage dans le "loft" des Willemont. 100 M2 pour 300 euros/mois d'aujourd'hui.

Wonder. (Le profil est assez semblable ) à celui de l'image ci-dessus).

La suite vient ...

La suite vient ...

Comment cela s'est-il terminé ?

Après 2013, nous nous sommes éloignés du monde.

Liane voyait mal. Elle avait aussi des difficultés à marcher et elle risquait de tomber si nous restions dans notre vieille ferme restaurée à Chaton en Seine et Marne. Truffé d'escaliers, elle présentait un très grand risque. Nous sommes partis à Toulouse où vivait notre fils aimé - lapsus, je voulais écrire aîné, mais également aimé - et nos petits enfants.

Nous avons passé cinq belles années, dans un appartement très agréable, contrepartie de toutes les vacances que nous avons pas prises, ni à la neige, ni en plein soleil pour attraper un cancer de la peau, de tous les pays que "nous n'avons pas faits"  et de toutes les cigarettes que nous n'avons pas fumées [savez-vous qu'un couple qui fume pendant 40 ans un paquet de cigarettes à deux, brûle une maison.]

La vie n'est qu'une série de choix.

Puis, finalement,

Ils sont finalement parvenus à leur fin. Après avoir détruit nos réalisations, nos oeuvres, notre réputation, après m'avoir assassiné professionnellement à deux reprises - Affaire Wonder et Affaire Rouch - c'est une dénonciation calomnieuse diligentée en 2013 par un ancien de l'IDHEC, peut-être complice, voire responsable, de la disparition de Sauve qui peut Trotski, mon film documentaire de 1968, par cet ancien de l'IDHEC donc, Daniel Edinger, devenu entretemps secrétaire général du syndicat CGT des réalisateurs de films, qui va venir à bout de Liane et de moi indirectement.

Cette dénonciation calomnieuse déposée par un petit coursier - Jean Lassave - au bureau cinéma de La Ciotat où je monte le festival Cris du monde, le festival du plan-séquence, tombe dans les mains de lilliputiens qui accordent du crédit à ce texte parce que :

1 - il a été écrit par le secrétaire général du syndicat CGT des réalisateurs de film,

2 - parce qu'ils ont la capacité critique d'une moule- ou un poison rouge si vous voulez.


Toute notre vie, vivant avec des salaires à peine supérieurs au SMIC (du mien par exemple, était déduits tous les déplacementq hebdomadaires que je devais accomplir pour aller enseigner à l'université de Strasbourg) nous étions économiquement fragiles. 

Aussi lorsque l'équipe de La Ciotat ne me rembourse pas la trésorerie que j'ai avancée pour payer le site du festival, c'est la panique chez nous. Liane vit très mal cette affaire. Elle attrape un zona, perd un oeil quelques temps plus tard, à moitié aveugle elle tombe et se brise le bassin. Elle ne supporte plus de vivre recluse, elle se laisse mourir. 


Ma parole que je retenais à la demande de Liane étant libérée, je m'en prends aujourd'hui directement à :

1 - la mémoire de Daniel Edinger (on m'a dit qu'il était mort d'un cancer, ah bon),

2 - à Emmanuel Ferrari - la madame cinéma" de La Ciotat - membre du comité artistique mais qui - irresponsable - n'avait vu aucun des films lorsqu'on a effectué la sélection des films présentés pendant le festival,

3 - à l'équipe "Les Lumières de l'Eden" et à son directeur Michel Cornille - c'est qui a refusé de me payer,

4 - à Jean-Michel Frodon qui se faisait passer comme l'inventeur du festival et qui, tel Edinger, refuse de reconnaitre l'existence de Sauve qui peut Trotski dont Wonder n'est qu'une séquence. Et ce après 2 années au cours desquelles il avait la possibilité de demander des informations. Il se comporte comme Michel Viguier, copain d'Edinger qui, parlant de Sauve qui peut Trotski,  écrit en 2013 sur la page Facebook du festival Cris du monde : "on peut inventer n'importe quel projets qui n'a jamais vu le jour et dont personne n'a entendu parlé !"

Deux preuves que Jean-Michel Frodon refuse : 1 - le témoignage de Sébastien Layerle, le thésard qui a retrouvé les originaux 16mm images et son, aux - archives royales de Belgique  en 2005 ; 2 - ces mêmes originaux déposés depuis 2006 aux archives françaises du film à bois d'Arcy. L'idéologie, c'est comme le religion : ça rend con en absence de sens critique. L'impossible devient possible. Ce n'est qu'une question de foi, de croyance.

Frodon est un critique qui n'est pas critique. En 1940-45, il ... Je n'en sais rien. Et la seule qualité que je lui ai trouvé  c'est qu'il avec facilité. Ce qui ne peut pas dire qu'il écrit bien ... Il pisse de comme c'est devenu rare, soulignons le. Mais à part cela ... c'est un pisse-copie de compétition.

5 - etc.


Pour commencer, nous avons demandé à Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, de quel devoir de réserve, de quelle responsabilité Daniel Edinger était‑il redevable dans l’exercice de ses mandats et de son influence ?

Pouvait-il en 2013, envoyer ce document en se prévalant de son statut ?


Il y aura une suite ...